Léon Bourgeois



 
" Celui qui a inventé la charrue laboure, invisible aux côtés du laboureur"

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"La paix est un bienfait souhaité par tous les hommes, mais il n'y a pas de paix véritable si elle n' est fondée sur le droit.

Le jour où fut signé l' armistice du 11 novembre 1918, sur tous les points du monde, une même pensée se formula dans tous les esprits : " Le droit a triomphé ".

Quel droit ?

Celui que la France a conçu et défini depuis la Révolution de 1789, que n'a cessé de développer l' effort de la démocratie, celui qu 'ont enseigné ses philosophes, qu' ont chanté ses grands poètes, celui pour lequel ses armées combattaient déjà, il y a plus d' un siècle, sur les Alpes et sur le Rhin et pour lequel elles ont encore, depuis, livré tant de batailles.

C' est la doctrine qui proclame que les peuples ne sont pas des choses, qu' ils ont seuls le droit de disposer d' eux-mêmes. Il y a une nation quand il y a une âme commune entre les hommes d' une même terre, une volonté de persévérer dans la vie collective qu' ont vécue leurs pères et qu' ils entendent à leur tour léguer à leurs enfants.

Mais il n' appartient pas à des chefs d'Etat de se prétendre maîtres du sort de leur peuple, et d' interpréter àleur gré la volonté de la nation. Il faut que les nations soient pourvues d' institutions représentatives qui permettent de les considérer comme responsables elles-mêmes des actes de leur Gouvernement.

Quelle que soit la forme de ce Gouvernement, c' est à la nation elle-même, par sa représentation libre et souveraine, qu' appartient le dernier mot. Ce sont les peuples qui expient les fautes de leur histoire ; à eux seuls il appartient de régler leur destinée.

Pour que l' indépendance et la sûreté de toutes les nations, petites ou grandes, mais égales en face du droit, soient garanties contre toute violence, il faut encore que, chez chacune d' elles dans sa Constitution et sa vie intérieure, la règle de liberté et d' égalité sous le droit soit déjà reconnue et pratiquée.

La liberté et la paix au dedans sont les conditions de la paix et de la liberté au dehors.

L' ordre s' il est autre chose qu' une tyrannie, doit être l' expression vivante de la justice elle-même. Il n'y a d' ordre vrai entre les hommes que si leurs consciences à tous se sentent, se savent soumises également, uniquement, aux règles du droit."

Extrait de l' introduction à l' étude du traité : Léon Bourgeois, Le traité de paix de Versailles, Paris 1919.

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On doit notamment à Léon Bourgeois un rôle de tout premier plan dans l' adoption en 1910 de la Loi sur les retraites ouvrières et paysannes. En Ministre des Affaires Étrangères il travaille à la préparation du Protectorat français sur le Maroc. Sa détermination diplomatique à oeuvrer pour un monde équilibré et pacifique constitueront un fond déterminant pour la création de la Société des Nations. Sa volonté dans la recherche d' équité et de stabilité internationales ainsi que son acharnement à promouvoir la Loi comme facteur de paix dans le monde lui vaudront de recevoir le Prix Nobel de la Paix.

En théoricien du Solidarisme, Léon Bourgeois est celui qui a donné au courant radical sa doctrine politique.


Comme l' écrit l' historien Marc Sorlot : "le bilan de son action est impressionnant. Ministre dans onze gouvernements, président du Conseil des ministres de novembre 1895 à avril 1896, président de la Chambre des Députés, puis du Sénat, il a toujours combiné la réflexion, l’action politique et l’action sur le terrain : il est à l’origine de la loi généralisant les dispensaires, s’est attaché à promouvoir le logement social, le repos hebdomadaire, le salaire de la femme mariée, etc. Il est l’apôtre du « solidarisme », doctrine s’opposant à l’individualisme et au collectivisme. Cette action sans faille a été reconnue par ses contemporains, qui ont voulu faire de lui, à plusieurs reprises, le président de la République, mais il a toujours décliné ces propositions."

"Bourgeois a théorisé la doctrine du solidarisme pour fonder la solidarité républicaine en conservant le meilleur du libéralisme et du socialisme. " (Serge Audier)

 

 

 

"Trois faits essentiels nous apparaissent tout d’abord :

1 - L’homme vit dans un état de solidarité naturelle et nécessaire avec tous les hommes. C’est la condition de la vie ;
2 - La société humaine ne se développe que par la liberté de l’individu. C’est la condition du progrès ; 
3 - L’homme conçoit et veut la justice. C’est la condition de l’ordre."

Léon Bourgeois