
Jean Zay

"Les hommes qui ne rêvent point la nuit perdent un tiers de leur existence"
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Né le 6 août 1906 à Orléans et mort dans des conditions dramatiques le 20 juin 1944.
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Le père de Jean Zay était directeur du journal radical-socialiste "le Progrès du Loiret", ce qui explique l' intérêt que portera très tôt le jeune Jean à la politique. Intérêt qui sera marqué par son adhésion dès ses études secondaires aux Jeunesses Laïques et Républicaines de tendance radicale-socialiste. Dès sa majorité à 21 ans, il adhèrera au Parti Radical et deviendra membre de la Ligue des Droits de l' Homme. Il sera également responsable de la Ligue de l' Enseignement.
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Pour pouvoir payer ses études de droits, Jean Zay travaillera occasionnellement comme journaliste ou clerc d' avoué. Il s' inscrit au barreau d' Orléans en 1928.
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A 27 ans, en 1932, il est élu député radical-socialiste du Loiret. Il est ainsi le plus jeune député de France.
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En 1936, il est nommé sous-secrétaire d' État à la présidence du conseil. Quelques mois plus tard, à 32 ans, il fait partie du gouvernement du Front Populaire comme ministre de l' Éducation Nationale et des Beaux-Arts.
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Il gardera ce poste ministériel jusqu'au 2 septembre 1939, date à laquelle il démissionnera pour rejoindre l' armée combattante.
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En 1940, il reçoit ordre, lors d' une session parlementaire de quitter son régiment et de s' embarquer sur le paquebot Massilia (en compagnie entre autres de Pierre Mendès France et de Georges Mandel) afin de rejoindre le gouvernement qui se replierait en Afrique du nord. Il ne s' agit que d' une manoeuvre pour tenter d' écarter certains parlementaires influents qui pourraient plaider contre le vote des pleins pouvoirs à Philippe Pétain : à son arrivée à Casablanca, il sera arrêté puis jugé pour désertion par le gouvernement de Vichy.
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En juin 1940, il est condamné à la déportation et à la dégradation militaire. Une campagne de communication violente menée par Philippe Henriot, ministre de l' Information réclame la mort du "juif Jean Zay", le "juif fauteur de guerre". Il passera quatre ans en captivité, successivement à Marseille puis à Riom. En prison, il écrira : "
Malgré l' épaisseur de ses murs, la prison est une maison de verre. Il n' y a personne pour vous parler, mais tout le monde pour vous voir"
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Le 29 juin 1944, des miliciens viennent le chercher dans sa cellule afin de le "transférer" à la prison de Melun. La Citroën quitte la cour de la prison de Riom et part en direction de Malavaux. Dans les alentours de Cusset, il partent à pied vers le puits du diable. Jean Zay est abattu d' une rafale de mitraillette, son corps sera jeté dans le puits. Sa femme inquiète n' aura aucune nouvelle de lui jusqu' en 1946, date à laquelle deux chasseurs découvriront fortuitement le corps.
Jean Cassou dira que la rafale de mitraillette avait élevé Jean Zay au rang de "Ministre de l' Intelligence".
Malgré la brièveté de sa carrière politqiue, on lui doit une oeuvre considérable. Toute son action sera tournée vers l' égalité des chances, la sélection par le mérite. Son projet etait de permettre aux couches les plus défavorisées de la population de rejoindre les catégories sociales moyennes. Il a fait preuve durant l' accomplissement de ses responsabilités d' une démarche permanente de concertation avec les syndicats, les associations de parents d' élèves et les associations laïques.
Au moment où la guerre éclata, trois projets de lois étaient déposés au Sénat :
- la réforme des enseignements des 1er et 2ème degrés
- la création de l' École Nationale d' Administration
- la loi portant sur les droits d' auteurs et d' édition
Il réalise beaucoup de travaux et de réformes :
- scolarité obligatoire portée de 13 à 14 ans,
- éducation physique obligatoire, création de l' après-midi de plein air,
- gratuité de l' enseignement du second degré, organisation des diplômes de l' enseignement technique,
- protection de la santé des élèves, colonies de vacances, oeuvres sociales, enseignement post-scolaire, cantines,
- développement des Auberges de Jeunesse et du tourisme populaire en collaboration avec Léo Lagrange,
- introduit dans les examens le Brevet Sportif Populaire
- crée et organise le Comité Supérieur des Oeuvres Universitaires, ancêtre du CROUS :
cercles d' étudiants, cités universitaires, centres de médecine, contrôle des restaurants.
- engage un programme pour la formation des enseignants : baccalauréat et formation à l' École Normale, sanctionnée par un Certificat d'Etudes Pédagogiques pour le primaire, Baccalauréat plus titres ou grades qui seront arrêtés par décret avec Certificat d' Aptitudes Pédagogiques.
- Création avec Jean Perrin du Centre National de la Recherche Scientifique (C.N.R.S.)
- Organisation du Bureau Universitaire des Statistiques
qui deviendra ensuite le Centre National de Documentation Pédagogique
Des efforts de modernisation considérables de l' Éducation Nationale seront entrepris : beaucoup de lycées et d' écoles sont construits aux tendances de l' art contemporain. Il crée des postes d' enseignants : plus de 10 000 de 1936 à 1939 !
Ce qu 'il laisse de son action comme ministre de la Culture ( "des Beaux-Arts") est impressionnant :
- Il organise maintes expositions d' art, signe des conventions culturelles avec des pays étrangers, envoie des professeurs français dans les universités ou lycées français à l' étranger : Athènes, Beyrouth, Varsovie
- Il fait aménager la Bibliothèque Nationale
- Il créé la Pinacothèque et le Musée d' Arts et Traditions Populaires
- Il fait rénover la salle de l' Opéra et fait construire celle du palais Chaillot
- Il redresse la Comédie Française avec Edouard Bourdet
- Il élabore un statut pour le Cinéma
- Et créé le festival de Cannes (la guerre empêchera qu' il se déroule de son vivant)
- Il prévoit d' utiliser cinéma et radio pour des programmes pédagogiques
- Lors de l' exposition universelle de 1937, il organise une exposition d' art au nouveau musée d' art moderne, tandis que le Palais de la Découverte reçoit organisée par Jean PERRIN une exposition scientifique expérimentale de haut niveau.
Dès le 22 juin 1945, l' Assemblée Consultative provisoire lui rend un brillant hommage. Il est cité à l' Ordre de la Nation… et le 27 juin 1947 a lieu à la Sorbonne une cérémonie où l' université française rend hommage à son grand maître, cérémonie qui se renouvelle chaque année.

" Tout a été fait dans ces dernières années pour mettre à la portée de ceux qui s'en montrent dignes les moyens de s'élever intellectuellement. Il convient qu'une expérience d'un si puissant intérêt social se développe dans la sérénité. Ceux qui voudraient la troubler n'ont pas leur place dans les écoles qui doivent rester l'asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas. "
Jean Zay
