"La politique est l' art de concilier le désirable avec le possible"
- Né le 28 Mars 1862 à Nantes d' une famille modeste et mort le 7 mars 1932 à Paris.
- Ses études de droit le conduisent à devenir avocat et il exercera au barreau de Pontoise de 1900 à 1909
- Il devient député socialiste en 1902 comme membre de la formation réformiste qu 'est le Parti Socialiste Français dont il deviendra Secrétaire Général. Il quittera cette fonction en 1904
- Ses talents de négociateur et son goût du consensus l' amèneront à jouer un rôle de premier plan dans l' élaboration de la loi de Séparation des Églises et de l' État. Il parviendra, tout en s' opposant aux tenants de l' anticléricalisme dur menés par Emile Combes aux positions paradoxales, à trouver une voie mesurée qui permettra un accord entre l' Église Catholique et la République Laïque. Il mettra fin ainsi à un affrontement violent qui opposait depuis de nombreuses années la France catholique (plutôt royaliste) et la France laïque - on a parlé effectivement à ce sujet des "deux Frances" !
- Sa participation en 1906 au gouvernement du radical Ferdinand Sarrien sème le trouble parmi les socialistes. Son hostilité au droit de grève des fonctionnaires, fort critiquée par Jean Jaurès, concrétisera son détachement total de la famille socialiste.
- En 1914, en compagnie du béarnais Louis Barthou et d' Alexandre Millerand, il contribuera à former la Fédération des gauches qui cherche à attirer les plus modérés des électeurs de gauche vers le centre-gauche et le centre. Le groupe parlementaire de cette fédération nommé
Union Républicaine Radicale et Radicale-Socialiste comptera dans ses rangs de futures personnalités telles que Blaise Diagne, André Tardieu.
- Il a, comme Président du Conseil, eu à faire face à une situation d' une extrême gravité durant la bataille de Verdun et laissera le souvenir d' un homme politique qui a su surmonter cette période très difficile. Ces temps de guerre laisseront en lui une détermination pacifiste inébranlable qui lui vaudra le surnom de "pèlerin et apôtre de la paix". Une fois la guerre terminée, partisan et artisan d' un rapprochement avec l' Allemagne dirigée par Gustav Stresemann qui partageait ses vues pacifistes, il sera également un des acteurs importants de la Société des Nations. Par ses positions en faveur de la construction d' une fédération européenne, il apparaît aujourd'hui comme un précurseur et comme un des pères de l' Europe. Appuyé par son collègue allemand Stresemann, il prononcera en 1929 un discours exposant un projet d' union européenne. Mais ce "Mémorandum sur l' organisation d' un régime fédéral d' union européenne" mis en forme par Alexis Léger (nom de plume : Saint John Perse) ne sera pas toutefois pas retenu.
- Ces positions et son oeuvre pacifistes lui ont valu de recevoir en 1926 le Prix Nobel de la Paix conjointement avec Gustav Stresemann. Ces mêmes positions feront de lui la cible de la droite nationale qui l' accusera ensuite avec acharnement d' avoir endormi l' opinion et la classe politique avec l' idée d' une paix impossible.
- Plus de vingt fois ministres cet avocat d' un talent persuasif extraordinaire plaidera pour des causes politiques généreuses . A une époque où les mentalités n' étaient peut-être pas majoritairement prêtes, il tentera par exemple comme Ministre de la Justice d' abolir la peine de mort.
- C' est seul à défendre l' idée d' une Europe unie et pacifiée, qu 'il se retirera de la vie politique en 1932 avant de mourir

"Je pense qu 'entre des peuples qui sont géographiquement groupés comme les peuples d' Europe, il doit exister une sorte de lien fédéral ; ces peuples doivent avoir à tout instant la possibilité d' entrer en contact, de discuter leurs intérêts, de prendre des résolutions communes, d' établir entre eux un lien de solidarité, qui leur permette de faire face, au moment voulu, à des circonstances graves, si elles venaient à naître. C' est ce lien que je voudrais m' efforcer d' établir."
Aristide Briand